FBI : PORTES DISPARUS { Without a trace }
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Message  Ally le Dim 16 Avr - 0:22

Indication number one : je viens de voir sur le site que pas mal de fanfic y ont été publiées, mais comme j'ai tendance à aller ppalement sur le forum ou sur fanfiction.net, je me dis que c'est peut être le cas pour d'autres personnes, donc avis à la population : il y a pas mal de nouvelles fanfictions publiées (dont Rozen 4ème partie Wink ) sur le site d'Heather outre celles postées sur le forum Wink

Indication number two : sauf précision de ma part, mes différentes fanfictions sont indépendantes les unes des autres. Dans la première que j’ai écrite, Sylvia et Nicky avaient été tués. Cette fanfiction, ils sont vivants. Avantage du virtuel sur le réel…

Voilà donc ma 4ème fanfic, j'(espère qu'elle vous plaira

- « Réveille toi, on y va maintenant », chuchota Lorenzo à la bosse immobile de la couette. Celle-ci commença à bouger doucement et Tommy, sept ans, en émergea, les cheveux en bataille, les yeux encore bouffis de sommeil.

- « Mais il est quelle heure ? Je suis fatigué…. », bougonna-t-il. Voyant l’air sérieux de son grand frère, il s’extirpa néanmoins de son cocon douillet, récupéra les vêtements que lui tendait Lorenzo et s’habilla en silence. Il enfila ses chaussures et murmura :

- « Je peux lui dire au revoir… ».

Lorenzo secoua la tête et répondit sur le même ton :

- « Tommy, on en a déjà parlé, c’est impossible, tu le sais bien… ».

Tommy hocha la tête, remonta la fermeture de son anorak, attrapa son ours en peluche à la dérobée et le fourra dans son petit sac à dos. Il se redressa, et annonça fermement :

- « Je suis prêt. »

Les deux enfants se dirigèrent vers la porte d’entrée sur la pointe des pieds. Lorenzo aperçut son père qui allongé sur le canapé ronflait paisiblement. Il serra plus fort la main de son frère dans la sienne et ouvrit précautionneusement la porte d’entrée. Il fit passer Tommy devant lui et referma doucement la porte. Il s’agenouilla devant son cadet, lui refit son lacet puis noua son écharpe. Tommy lui prit la main et les deux frères descendirent silencieusement les escaliers, sortirent de l’immeuble et s’enfoncèrent dans la ruelle sombre avant de disparaître.





Bureau du FBI. Unité des personnes disparues. Disparus depuis 5 heures. 8h00.





- « Lorenzo et Tommy Carcaterra. 13 et 7 ans. Ils sont partis se coucher vers 10h00 du soir et n’étaient plus dans leur lit ce matin. Aucun signe d’effraction. Madame Carcaterra a précisé que la porte d’entrée n’était plus fermée à clé alors qu’elle était sûre de l’avoir verrouillée en se couchant », annonça Jack à son équipe.

- « 13 et 7 ans ?! C’est un peu jeune pour fuguer , s’exclama Martin.

- Que tu crois, répliqua Viviane. Reggie m’a raconté qu’un de ses copains de 14 ans avait déjà 4 fugues à son actif. La première à 9 ans et demi après que son père a refusé de lui acheté la Play Station…

- J’ai fugué une fois, j’avais 9 ans, se souvint Sam. Ma mère voulait que j’aille au mariage d’une de mes cousines avec une robe à smocks rose et violette. Je me suis réfugiée dans le grenier de ma voisine avec trois paquets d’Oreo et deux litres de jus de pomme. J’ai bien tenu…oh oui, au moins deux heures ! »

Martin et Viviane pouffèrent. Jack soupira et reprit sur un ton sérieux :

- « Danny et Martin, vous allez interroger les parents et les voisins. Tâchez de vérifier s’il manque des paquets de cookies et des boissons sucrées dans leurs placards… Sam et Viviane, essayez d’aller glaner des informations du côté des enseignants des deux garçons. Je file à la brigade des mineurs voir ce que je peux trouver. ».

Les quatre agents se levèrent d’un bond et s’éparpillèrent.





Hell’s Kitchen. Domicile de Silvio et d’Angela Carcaterra. Disparus depuis 6 heures. 9h00.





Visiblement bouleversée, Madame Carcaterra fit entrer Danny et Martin dans son appartement sombre. A peine eût-il franchi le pas de la porte que Danny fit la grimace : une forte odeur de bière régnait. L’odorat encore imprégné par les effluves graisseuses du hamburger qu’il venait d’ingurgiter, Martin n’y prêta guère attention et prit la parole :

- « Voici l’Agent spécial Danny Taylor et je suis l’Agent Martin Fitzgerald. Y-a-t-il un endroit où Lorenzo et Tommy ont l’habitude de se rendre, après les cours ou lorsqu’ils ont du temps libre ?

- Lorenzo emmène Tommy à la bibliothèque du quartier. Maintenant, il sait bien lire, à tout juste 7 ans…Mais elle est fermée. J’ai téléphoné à Jimmy, le meilleur ami de Lorenzo. Il est toujours fourré chez lui le samedi. Avec son frère, évidemment, Lorenzo le trimballe partout avec lui. Mais Jimmy ne les a pas vus…

- Pouvez-vous me donner le nom et l’adresse de Jimmy ?, demanda Danny en ouvrant son bloc-notes.

- Jimmy Dicola. Il habite à deux blocs d’ici, au-dessus de chez un tailleur. Il faut que vous retrouviez mes garçons, supplia Angela d’un air implorant.

- Nous allons faire tout ce qui en notre pouvoir, la rassura Martin. Est-ce qu’il s’est passé quelque chose, hier, qui aurait pu leur donner envie de partir sans vous prévenir ? »

Angela hésita, jeta un regard craintif vers le canapé et répondit :

- « Non, il ne s’est rien passé… ».

Danny se mordit les lèvres et pencha sa tête afin de mieux capter le regard résolument fuyant d’Angela :

- « Vous êtes sûre…écoutez, c’est très important. Nous avons besoin de tous les éléments, même ceux qui vous paraissent anodins… ».

Angela prit une grande inspiration et finit par avouer à mi-voix :

- « Mon mari s’est un peu énervé, hier soir. Il est rentré fatigué du travail, les enfants chahutaient. Il les a envoyés se coucher en arrivant…

- A quelle heure cela s’est-il passé ?, interrogea Danny

- 21h00…

- Et votre mari travaille…

- Dans le bâtiment. Il est employé au chantier de construction. Vous avez dû y passer. Ils construisent un parking souterrain à même pas 200 mètres de la maison…

- Donc, vous dîtes qu’il a envoyé Lorenzo et Tommy se coucher en arrivant. Mais vous venez de dire que cela s’est passé à 21h00. On ne débauche pas si tard, surtout dans le bâtiment, continua Danny.

- Mon mari….il aime se relaxer avec ses collègues avant de rentrer…, » expliqua Angela qui semblait décidément de moins en moins à l’aise.

Danny secoua la tête d’un air désapprobateur et les deux agents sortirent de l’appartement.







Complexe scolaire Wilson. Disparus depuis 7 heures. 10h00.





- « Les frères Carcaterra ! Oui, je vois très bien de qui il s’agit, annonça le conseiller d’éducation à Viviane et Samantha. L’aîné est très sportif. Un bon petit gars. Solide comme un roc, endurant et précis au tir. Il joue ailier droit. Le petit est…petit ! Il assiste à tous les matchs de basket de son frère. De temps en temps, lorsque j’assiste aux entraînements et qu’il est sur les gradins, je lui donne un coup de main pour ses devoirs. Non qu’il en ait besoin, il a l’air très futé, mais il aime bien être encadré ce gamin, ça se voit tout de suite…

- C’est-à-dire ? demanda Viviane, intriguée.

- Ah, vous savez, il aime qu’un « grand » s’intéresse à lui. Du reste, il est toujours fourré avec son frère, il ne le quitte pas d’une semelle. Personnellement, je ne sais pas comment Lorenzo supporte ça. Moi, mon frère, s’il m’avait collé comme ça, je l’aurais pilé sur place !!

- Et ce n’est pas le cas de Lorenzo ?, déduisit Sam.

- Non et depuis tout petit ! Déjà quand Tommy était à la maternelle, il passait vérifier qu’il mange correctement à midi, qu’un plus grand ne lui avait pas piqué son lunch, qu’il n’avait pas trop froid ou trop chaud. Une vraie mère poule !

- Et avez-vous remarqué des changements de comportement ou de notes chez l’un ou l’autre ?

- Non, pas vraiment, ce sont deux gosses intelligents, ils ont de bonnes notes et sont assidus. Non, pas d’absences particulières. Sauf aux cours de sport pour le plus petit. Il est régulièrement dispensé par sa mère. Mais c’est vrai qu’il a l’air plus fragile que l’aîné », conclut le conseiller d’éducation.

Viviane et Sam remercièrent le conseiller et quittèrent les lieux rapidement.





Chantier de construction. Quartier de l’Hell’s Kitchen. Disparus depuis 7h30. 10h30.





- « Bonjour, je suis l’agent spécial Danny Taylor et voici l’agent spécial Martin Fitzgerald. Nous sommes du FBI et nous voudrions voir Silvio Carcaterra », annonça Danny au contremaître du chantier.

Le contremaître fronça des sourcils et se tourna vers un groupe d’ouvriers occupés à installer un conduit.

- « Carcaterra !, héla-t-il. Viens deux minutes. Tu es demandé ! »

Apparemment contrarié d’être dérangé, l’ouvrier s’avança vers les trois hommes le regard noir.

- « Ces messieurs sont du FBI, de l’unité des personnes disparues, expliqua le contremaître qui continua à l’attention de Danny et de Martin : « on a du pain sur la planche alors ne soyez pas trop longs ! ».

- Monsieur Carcaterra, commença Martin. Nous sommes là parce que Lorenzo et Tommy ont disparus et que…

- Quels petits branleurs ces deux là ! Je ne sais même pas pourquoi Angela vous a prévenus, c’est n’importe quoi, vraiment. Ils vont se prendre une de ces raclées en revenant, de quoi leur faire passer vite fait leurs envies de large ! », explosa Silvio.

Danny fourra ses mains dans les poches de son manteau et serra ses poings jusqu’à en faire blanchir la jointure. Le cœur battant la chamade, il se força à respirer calmement. Voyant son collègue blêmir, Martin lui adressa un regard inquiet et continua :

- « Est-ce que vous avez une idée de l’endroit où ils ont pu aller ?

- Si je le savais, je les ramènerais illico à la maison, par la peau des fesses.

- C’est étonnant qu’ils n’aient pas envie de rentrer…», insinua Danny d’une voix qu’il espérait ferme, mais qui, au vu du regard soucieux que Martin lui lança, ne devait guère l’être.

- « Non, mais ça, c’est la meilleure !! C’est pas deux merdeux qui vont faire la loi quand même rétorqua Silvio, de plus en plus énervé. Bon, j’en ai ras le bol de vos questions à la con, je ne suis pas un col blanc, moi, j’ai du boulot », conclut-il avant de tourner les talons et de rejoindre ses collègues.

- « Le père idéal ! », ironisa Martin en se tournant vers Danny qui, le regard dans le vague, ne répondit pas. « Hé Danny, on y va ? », continua Martin.

Danny sursauta et secouant la tête, balbutia :

- « Je voudrais vérifier quelque chose. Je te rejoins au bureau d’accord ?

- Tu es sûr que tout va bien ? », demanda Martin, inquiet, sans trop oser se montrer insistant toutefois.

Sans répondre, Danny tourna les talons et s’éloigna rapidement.
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Message  Ally le Dim 16 Avr - 0:24

Docks de New York. Disparus depuis 8 heures. 11h00.


Les poings serrés dans les poches de son manteau, Danny accéléra le pas. Malgré l’air vif qui lui cinglait le visage, il se sentait engourdi, perdu dans des souvenirs qui s’imposaient à lui avec tellement de vivacité qu’il se sentait complètement oppressé. Il prit une large inspiration et s’adossa à la barre du quai. Il baissa les yeux et aperçut une carte de base ball froissée qui gisait sur le sol. Il se baissa et la ramassa. La carte se brouilla devant ses yeux qui s’emplissaient de larmes.



(Flashback)



- « Hé Danny, devine ce que j’ai là ? » s’exclama Rafi en secouant ses mains jointes soigneusement fermées devant son petit frère de cinq ans qui sourit de toutes ses dents de lait.

- « Des billes? Des chewing-gum à la cannelle ? Une balle rebondissante fluo ? » tenta Danny le regard brillant accroché à la main de son grand frère.

- « Nan, nan, nan… essaie encore ! », sourit Rafi.

- « Rafi… », gémit Danny qui gratifia son frère d’un sourire charmeur suppliant.

- « Et hop ! annonça Rafi qui ouvrit ses mains dévoilant un paquet de cinq cartes de base ball. Et celles-là, tu ne les as pas car ce sont des dédicacées par les joueurs !! Le père de Steven en a rapporté quatre jeux. Je lui en ai échangé un contre trois dessins de voitures : des Porsche ! Cool, non ? T’es content ?!

- Super ! s’écria Danny les yeux brillants. Je vais chercher ma boîte ! ». Joignant le geste à la parole, il s’élança vers sa chambre et heurta de plein fouet son père qui sortait de la cuisine, une bouteille de bière à la main. Ce dernier lâcha la bouteille qui s’écrasa au sol. Marco Alvarez lança à son fils un regard noir et le gifla de toutes ses forces. Danny tomba par terre et regarda son père d’un air terrorisé et suppliant :

- « Pardon Papi, pardon, pleura-t-il.

- « Tu peux pas faire attention ? Regarde un peu ce que tu as fait et arrête un peu de chialer » hurla Marco. « Toi, tu fais un pas de plus et je t’éclate la tête, c’est clair », annonça-t-il à Rafi qui s’apprêtait à prêter main forte à son frère. Marco regarda son jeune fils avec une expression de dégoût et lui décocha un violent coup de pied avant de quitter l’appartement et de claquer la porte bruyamment.



Danny s’essuya les yeux rapidement et tenta de respirer calmement. Il regarda sa montre et repartit.



Bureau du FBI. Unité des personnes disparues. Disparus depuis 10 heures. 13h00.





- « J’espère que vous avez été plus chanceux que moi, annonça Jack, l’air sombre. La brigade des mineurs n’a rien trouvé de tangible concernant l’éventuelle localisation des frères Carcaterra. Nous avons fait tout le tour des endroits où se réfugient habituellement les jeunes fugueurs et nous n’avons rien trouvé.

- On a fait le tour des stations de bus et de métro. Personne ne les y a vus, annonça Viviane. A l’école, nous avons rencontré leur conseiller d’éducation qui nous a dit que Lorenzo était particulièrement protecteur envers son petit frère…

- Bon, au moins, on est quasi sûr que les deux gosses sont ensembles, c’est déjà ça, dit Jack. Lorenzo n’aurait pas laissé son frère seul. Deux gosses de 7 et 13 ans seuls au milieu de New York, c’est pas terrible, mais un gosse de 7 ans tout seul à New York, ça aurait été dramatique.

- Il y a autre chose, émit Viviane. Tommy est souvent dispensé de sport. J’ai pris rendez-vous avec l’infirmière et le médecin scolaires pour savoir s’il a un problème de santé spécifique.

- Et du côté des parents ? » demanda Jack se tournant vers Martin et Danny. Martin jeta un regard inquiet à Danny qui n’avait pas dit un mot depuis son retour et répondit :

- « La mère est effondrée, le père furieux, il a l’air partisan de la méthode dure pour élever ses garçons. Un des amis de Lorenzo doit venir dans une vingtaine de minutes, j’espère qu’il pourra nous éclairer notamment sur les rapports qu’ils ont avec leur père. ».

Le téléphone de Danny sonna et il se leva pour répondre. Cinq minutes plus tard, il s’assit à son bureau et brancha distraitement son ordinateur.



(Flashback)



- « Hé, Danny, qu’est-ce que tu fais ? », sourit Rafi, en voyant son frère, fourrer dans un minuscule sac à dos son ours en peluche, sa boîte de cartes de base ball, un pull et une photographie de toute la famille réunie pour Noël.

Danny se tourna lentement vers son grand frère qui se précipita et s’agenouilla devant lui :

- « Mais qu’est-ce qu’il s’est passé ? Danny, réponds ? » demanda d’une voix inquiète Rafi en tâtant délicatement l’œil au beurre noir et la joue ecchymosée de son frère. Danny secoua la tête et sans répondre noua ses bras autour du cou de son frère avant d’éclater en sanglots.

- « Je suis désolé Danny, j’aurais dû rester avec toi, je suis désolé », s’excusa Rafi furieux contre son alcoolique de père et contre lui qui avait préféré aller au cinéma avec ses copains et n’avait pas voulu emmener son frère avec lui.

- « Je pars d’ici, sanglota Danny. Je veux aller vivre avec Andrea et Tante Angela. Elles sont gentilles, elles. Je veux plus rester ici. J’ai peur. »

Rafi soupira et serra son petit frère contre lui avant de lui expliquer d’une voix douce :

- « Tu ne peux pas partir, on va aller faire un tour, rien que toi et moi et on va avancer les travaux de la cabane, d’accord ? ».

Danny s’écarta de son frère et essuya ses joues sales zébrées de larmes avant d’annoncer :

- « Et quand elle sera toute finie, on y habitera tous les trois, avec Maman. ».

Sans répondre, Rafi sourit et donna une tape amicale à son frère : quatre ans et déjà du suivi dans les idées !





- « Tiens, je me suis dit que tu aurais envie d’avaler quelque chose avant l’arrivée de Jimmy Dicola, annonça Martin, tirant Danny de ses souvenirs. Danny sursauta et saisit le sandwich que lui tendait son collègue.

- « Merci », bredouilla-t-il en secouant la tête espérant se débarrasser de ses souvenirs qui l’assaillaient de manière de plus en plus impromptue.

- « Tu es sûr que tout va bien ? » demanda Martin.

- « Oui, sûr, merci, Fitzy ! » répondit Danny qui esquissa un sourire forcé destiné à rassurer Martin qui hocha la tête et s’éloigna répondre au téléphone. Danny se força à respirer calmement, ses mains tremblantes posées à plat sur son bureau.





Bureau du FBI. Unité des personnes disparues. Disparus depuis 13 heures. 16h00.





- « Jimmy, tu sais pourquoi on t’a fait venir ? », demanda doucement Martin à l’adolescent qui avait l’air particulièrement inquiet.

- « Justement, non ! Ma mère parle pas très bien anglais, donc elle n’a pas tout compris lorsque vous avez téléphoné. Elle m’a juste dit que le FBI me cherchait…conclut-il.

- Rassure toi, tu n’as rien fait de mal. Deux de tes amis, Lorenzo et Tommy Carcaterra ont disparu. Et leur mère a dit qu’ils étaient souvent chez toi…

- Mais pas aujourd’hui, coupa Jimmy dont l’anxiété ne semblait pas avoir diminué.

- Mais peut être sais-tu où ils sont, demanda Danny. Ecoute, Jimmy, leur mère est inquiète et pas sans raison. New-York n’est pas l’endroit le plus sûr pour deux gamins.

- Je sais, mais…

- Jimmy, si tu sais quelque chose, tu dois nous le dire. C’est important.

- Mais j’ai promis »…hésita Jimmy cherchant à tout prix à éviter le regard insistant de Danny qui s’était assis à côté de lui et tenait le dossier de sa chaise.

- Jimmy, si cette promesse coûte la vie de tes deux amis, il serait peut être judicieux de ne pas la tenir. Tu ne veux pas qu’il leur arrive quelque chose par ta faute ? » insista Danny.

Jimmy déglutit anxieusement et se tourna vers Danny :

- Lorenzo m’a parlé d’un endroit à Central Park où ils aiment aller quand ça barde à la maison. Il l’y a emmené une fois. Je pense que je pourrai retrouver l’endroit. Ils y sont peut être…

- Parce que « ça a bardé » chez eux, récemment ?, s’enquit Martin.

- Ouais, leur père…il est pas cool. Il rentre bourré et énervé. Après, il tape un peu sur tout ce qui bouge… »

Martin hocha la tête et demanda doucement :

- « Tu veux dire qu’il frappe Lorenzo et Tommy, c’est ça ? ».

- Ouais, enfin, Lorenzo est assez doué pour éviter les coups, il a des réflexes d’enfer ! Enfin, il en prend pas mal quand même...des fois, il a de sales traces. Mais il en évite pas mal. Ce n’est pas le cas de Tommy. C’est pour ça que Lorenzo ne le laisse jamais seul à la maison… ».

- Et il n’a jamais pensé à aller voir une assistante sociale ou qui que ce soit pour en parler ? », demanda Martin. Cela lui semblait inconcevable qu’un enfant se laisse frapper par un membre de sa famille sans en parler. Danny crispa un peu plus ses mains sur son bloc notes. Lui comprenait parfaitement. Lui aussi avait nié d’un ton catégorique les accusations de maltraitance qu’avait émis plusieurs de ses instituteurs. Non, personne ne l’avait frappé, il était tombé. Oui, tout seul. Et tout allait bien. Il n’y avait pas lieu de s’inquiéter. Il ne fut guère surpris d’entendre Jimmy répondre :

- « Non, bien sûr que non. Il ne m’a même jamais dit qu’il se faisait frapper par son père. Je l’ai vu un soir que je lui rapportais ses affaires. Et il m’avait fait jurer de ne rien dire. »





Bibliothèque du Quartier de l’Hell’s Kitchen. Disparus depuis 14 heures. 17h00.





- « J’ai toujours adoré lire », s’exclama Viviane en entrant dans la petite bibliothèque de quartier où les frères Carcaterra passaient une grande partie de leur temps libre. « Par contre, Reggie, sorti de sa console de jeux et de ses DVD… ».

- La bibliothèque de ma ville était tenue par une vieille fille qui censurait toutes nos lectures, se souvînt Samantha. Elle avait établi un classement des livres par âges. A chaque classe d’âge correspondait une série de livres et c’était la croix et la bannière pour pouvoir lire des bouquins…racontant des histoires plus en relation avec les centres d’intérêt d’une adolescente de 15 ans! »

- « Je vois, je vois », répliqua Viviane sur un ton faussement outré. « Madame Dominguez, bonjour, Agent Spécial Samantha Spade et je suis l’Agent Viviane Johnson. Nous vous avons appelé au sujet de la disparition de Lorenzo et Tommy Carcaterra.

- Oui, ils sont tout le temps fourrés ici. Ils adorent lire. Le petit encore plus parce qu’il ne pratique pas encore un sport comme son frère. Il a plus de temps. Il est très doué pour son âge.

- Avez-vous remarqué quelque chose d’inhabituel dans leur attitude à l’un ou à l’autre ? », demanda Sam.

- « Pas vraiment…quoique…c’est dans doute le fruit de mon imagination fertile, mais l’autre jour, le chauffage central s’est emballé…ça arrive avec ces vieilles chaudières…et il faisait plus de 25° dans la salle de lecture, commença la bibliothécaire. Tommy était là et lisait la version simplifiée des Trois mousquetaires. Tous les gamins étaient en Tee-shirt sauf lui qui gardait son pull. Je lui ai dit de l’enlever et j’ai mis la main sur son épaule. Il a fait un bond de trois mètres et s’est enfui. Son frère m’a dit que c’était parce qu’il avait oublié de mettre un Tee shirt sous son pull et qu’il avait honte, mais…j’en sais trop rien…

- Vous pensez que Tommy pourrait avoir été maltraité ? », insinua Sam.

Madame Dominguez secoua la tête l’air ennuyé et hésita :

- « Vous savez, c’est toujours délicat de déterminer où débute la maltraitance. Les parents de ces élèves travaillent dur ou ne travaillent pas du tout. Ils se remontent le moral dans les bars…je ne pourrais pas vous dire. Et puis, le gamin avait peut être vraiment oublié d’enfiler un Tee-shirt sous son pull, après tout…ça arrive ! ».

Viviane et Sam échangèrent un regard dubitatif et après avoir remercié la bibliothécaire quittèrent les lieux rapidement.
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Message  Ally le Dim 16 Avr - 0:29

Bureau du FBI. Unité des personnes disparues. Disparus depuis 15 heures. 18h00





- « Bon, on a une présomption très forte de maltraitance. Avant de débarquer chez les parents avec policiers et assistante sociale, on va d’abord aller à Central Park voir si les mômes y sont, indiqua Jack. Notre priorité est de les retrouver rapidement sains et saufs. Ensuite, on pourra s’inquiéter de leur placement en foyer. Dans une heure et demi maximum, il fera nuit. La NYPD va nous aider à baliser le périmètre qui se trouve autour de l’endroit qu’a indiqué Jimmy. Ils vont également apporter des projecteurs pour que nous puissions continuer nos recherches après la tombée de la nuit. Est-ce que vous avez des questions ? »

Les quatre agents secouèrent la tête à l’unisson et attrapèrent manteaux, écharpes et autres bonnets avant de suivre leur patron dans l’ascenseur.





Central Park. Disparus depuis 18h00. 21h00





Jack regarda sa montre et pesta : cela faisait plus de trois heures qu’ils étaient arrivés et ils n’avaient toujours aucune idée de l’endroit où les gamins étaient. Deux gamins dans Central Park : autant chercher une aiguille dans une botte de foin. Une équipe de recherches émergea d’un fourré, suivie de près par Martin et Sam qui secouèrent la tête à l’attention de Jack. Rien. Il faisait nuit noire et les deux gamins allaient dormir dehors. Jack se força à chasser l’image d’Hannah et de Kate de son esprit. Elles allaient bien. Il allait bientôt leur rendre visite à Chicago. Un peu de bonheur dans un quotidien désespérément sombre.

Il aperçut Viviane qui arrivait vers lui d’un pas rapide, la mine déconfite :

- « Rien, annonça-t-elle. Il faudrait demander plus de projecteurs car on n’y voit vraiment rien. »

Jack hocha la tête et demanda :

- « Tu n’étais pas avec Danny ?

- Si, mais on s’est séparé à un embranchement. Peut être sera-t-il plus chanceux. Je l’espère de tout cœur car Central Park de nuit n’est pas franchement l’endroit le plus sûr de New York pour deux gamins.

- M’en parle pas », murmura Jack.

- « Dîtes, cela fait trois heures qu’on balise le même périmètre. Si les gamins étaient là, on les aurait déjà retrouvés, exposa l’un des responsables de la NYPD. En plus, il fait drôlement froid. Ils ont dû trouver un endroit plus chaud où passer la nuit. Agent Malone, je crois franchement qu’on perd notre temps… ».

Jack fut forcé d’admettre que le policier venait de dire tout haut ce qu’il pensait tout bas depuis une bonne heure. Il se mordit les lèvres et hocha la tête avant de répondre :

- « Je crois que vous avez raison. Je vais attendre que mon dernier agent revienne et nous allons effectivement rentrer. »

Jack se tourna afin de voir s’il apercevait Danny, mais il ne vit rien. Il sortit son portable et composa son numéro.

- « Taylor !

- Danny, c’est Jack. On va rentrer. On reprendra les recherches demain matin. Tu nous rejoins ?

- Attends, j’ai repéré une petite cavité. Je veux vérifier quelque chose.

- Une « cavité » ?! Mais où es-tu ?...Danny ?... c’est pas vrai ! », pesta Jack en constatant que la communication venait d’être interrompue.

Jack étala le plan du parc ainsi que l’agrandissement du périmètre qu’ils avaient décidé de fouiller sur le capot de sa voiture, à la lumière des projecteurs.

- « Qu’est-ce que tu cherches ? » demanda Viviane intriguée.

- « Une « cavité » ! annonça Jack. Je viens d’avoir Danny au téléphone. Il m’appelait d’une « cavité » !!

- Mais il n’y a rien qui ressemble à une grotte ou une quelconque cavité dans ce périmètre.

- C’est bien ce qu’il me semblait ! Tu l’as laissé à quel embranchement ? » demanda Jack d’une voix lasse en secouant la tête. C’était à se demander à quoi servaient ses instructions dans la mesure où Danny s’arrangeait toujours pour peu ou prou les détourner. Il trouvait souvent des indices intéressants, mais c’était une toute autre paire de manches que de les faire accepter à Van Doren.

- Mmmhhh….là, pointa Viviane. Et il y a effectivement une petite grotte répertoriée, mais elle n’est pas du tout dans le périmètre de recherches.

Jack ferma les yeux, piocha son portable dans sa poche et recomposa le numéro de Danny :

- « Taylor ! »

- Danny, tu reviens immédiatement, on arrête les recherches. Il fait nuit. La NYPD remballe les projecteurs et les deux gamins ne sont de toute évidence pas là !

- Parce qu’on n’a pas cherché au bon endroit, annonça Danny, la voix vibrante d’excitation. Je viens de retrouver un petit sac à dos. C’est celui de Tommy. Il y a son nom cousu à l’intérieur. Mais je te confirme qu’ils ne sont plus là. J’ai été au fond de la petite grotte et il n’y a personne », conclut Danny en tentant de nettoyer son manteau et ses cheveux couverts de boue et de poussière, résultats de son expédition au fond de la grotte.





Bureau du FBI. Unité des personnes disparues. Disparus depuis 19 heures. 22h00





Danny se laissa tomber sur la chaise qui faisait face au bureau de Jack. Il était épuisé mais tenait absolument à faire l’inventaire du sac retrouvé sur place. Sam, Viviane et Martin étaient rentrés avec pour consigne de revenir demain matin à 7h00, mais Jack restait et Danny ne serait rentré chez lui pour rien au monde. Il avait aperçu un petit cahier dans le sac et l’aurait volontiers ouvert sur place si Jack ne l’en avait pas empêché.

Jack entra et tendit à Danny une tasse de café et un mars :

- « C’est tout ce que je peux te proposer comme dîner, du moins avant 45 minutes. J’ai commandé une pizza, annonça-t-il. Bon, voyons ce qu’on a là-dedans ! Un K-Way, une bouteille d’eau, une petite voiture de pompier et le fameux cahier. Tiens ! »

Danny saisit l’épais cahier que lui tendait Jack et le feuilleta rapidement :

- « On dirait un journal intime…Celui de Lorenzo…l’écriture n’est pas celle d’un enfant de 7 ans…ça commence il y a plus d’un an. Novembre 2004…





Bureau du FBI. Unité des personnes disparues. Disparus depuis 23 heures. 02h00





2 juillet 2005



Aujourd’hui, il fait extrêmement lourd. J’ai emmené Tommy jouer dehors avec la borne à incendie. Cela nous a bien rafraîchis. Nous sommes ensuite monté sur le toit avec Jimmy et Mikey avant d’aller nous acheter une glace. C’était une bonne journée dans l’ensemble, mais comme d’habitude, il a tout gâché. A peine est-il rentré du travail qu’il a commencé à crier. Soit disant que la viande était trop cuite. Ca a rapidement dégénéré. Il a giflé maman, sa lèvre s’est mise à saigner et Tommy a éclaté en sanglots. J’ai crû qu’il allait le tuer. Il l’a regardé avec un regard de fou. Je ne sais vraiment plus que faire. Cela ne peut pas continuer comme ça. Il va finir par tuer l’un d’entre nous.



25 juillet 2005



J’ai parlé avec maman après la dispute qu’elle a eu avec papa hier. Elle m’a dit de ne pas m’en faire, qu’il était juste fatigué, mais que ce n’était pas un homme méchant. Je ne suis pas d’accord avec elle. J’ai peur qu’il lui fasse vraiment mal. Son visage était tellement marqué qu’elle a envoyé Tommy acheter le pain et le journal. Ca va mal finir. J’ai peur.



03 août 2005



Cela fait deux jours que Tommy et moi dormons chez Jimmy. La journée, ça va, on reste dehors, on va se balader au parc ou on va à la piscine. Le grand frère de Mickey nous laisse passer sans payer. Le soir, il faut attendre que les parents de Jimmy dorment et on se glisse dans sa chambre. Hier, je suis passé à la maison pour rassurer maman. Lui dire qu’on va bien, tous les deux. Elle avait l’air soulagée et m’a fait promettre de ne pas recommencer à partir sans la prévenir. Je lui ai dit que je ne laisserai jamais Papa refrapper Tommy. Jamais. Je m’y engage fermement.



Danny essuya rapidement ses joues striées de larmes et se força à se respirer calmement. Il se servit une tasse de café et jeta un œil à la porte vitrée du bureau de Jack. Etendu sur le canapé noir, ce dernier dormait, épuisé. Danny finit sa tasse de café, se rassit et reprit sa lecture.



10 septembre



Enfin la rentrée ! J’ai cru que ce moment n’arriverait jamais. Au moins, Tom et moi serons loin de la maison pendant la journée. Le soir, j’ai demandé à maman de nous inscrire à l’étude. Ensuite, bibliothèque ou entraînement de basket, dîner et on file dans nos chambres. L‘assistante sociale est passée et m’a demandé comment s’étaient passées les vacances. J’ai vaguement répondu que tout s’était bien passé et j’ai vite rejoint le coach. La journée s’est bien finie, j’ai marqué trois paniers.



14 septembre



Ca y est, ça recommence. Quand je suis rentré avec Tommy, maman était couchée. A 18h00. Il y avait un mot sur la table : mangez et allez vous coucher, votre père est fatigué de sa journée et est sorti faire un tour. Je suis allé la voir et elle avait un œil au beurre noir et la lèvre fendue. Tommy s’est mis à pleurer en la voyant et je n’étais pas loin de faire la même chose. Il faut que je trouve un moyen de nous défendre efficacement. Je m’y engage.



Jack s’étira et regarda sa montre : 3h00 du matin. Il aperçut de la lumière dans l’open space et secoua la tête pour mieux se réveiller. Il se leva, soupira et sortit de son bureau :

- « Tu as vu quelque chose d’intéressant ? », demanda-t-il à Danny, le voyant plus concentré que jamais.

Danny sursauta et se tourna vers son patron :

- « Jack, on a tout là-dedans, toute la vie de ces gosses est consignée. L’aîné…il raconte tout…tout ce que leur fait subir leur père…j’ai pas encore fini…il faut absolument que je trouve quelque chose…il doit avoir écrit…je ne sais pas…un indice…un truc…là où ils sont partis…ça doit y être… ». La voix de Danny se brisa et il se mit à tourner frénétiquement les pages du cahier pour se donner une contenance. Jack fronça les sourcils et tapota l’épaule de Danny :

- « Je vais te chercher du café, d’accord ? Tu veux manger quelque chose ? Enfin autre chose que le reste de la pizza », demanda Jack en désignant de la main le carton ouvert qui contenait deux morceaux de pizza froide et racornie.

- « Du café, oui, ce serait bien », murmura Danny en se replongeant dans sa lecture.



4 octobre



J’ai été officiellement sélectionné dans l’équipe première du collège. L’entraîneur m’a dit que c’était de bonne augure pour l’an prochain, au lycée. Maman était ravie. Jusqu’à ce que papa rentre ivre, comme d’habitude. Il a cassé quelques assiettes, nous a copieusement insulté et s’est effondré sur le canapé pour cuver. Tommy a refait un cauchemar. C’est toutes les nuits maintenant. Il faut que je le sorte de là. Vite.



23 octobre



Hier, nous avons dormi dehors. Un abri rocheux dans Central Park. L’endroit idéal. Loin de tout mais si près. Il faudra y retourner, mais avec des sacs de couchage. Les couvertures ne suffisaient pas. J’ai réussi à ouvrir le casier qui est juste à côté du mien. Il est inoccupé. J’y ai fourré tout notre matériel de survie.



Danny s’étira, reprit une gorgée de café froid et griffonna quelques mots sur son bloc notes. Il résista à la tentation de réveiller le gardien de Wilson pour lui demander d’aller vérifier le casier et se replongea dans sa lecture.
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Message  Ally le Dim 16 Avr - 0:30

Bureau du FBI. Unité des personnes disparues. Disparus depuis 30 heures. 09h00





- « Comment peux-tu avaler ce truc à tout juste 9 heures du matin ? », demanda Sam, en pointant du doigt le sandwich thon-mayonnaise que Martin mâchait d’un air distrait tout en feuilletant le dossier Carcaterra.

- « Sache que le thon est un poisson gras, bourré d’omega 3 qui sont de bonnes graisses utiles pour le corps et qui aident à prévenir des accidents cardiaques », tenta d’exposer Martin.

- « Accident cardiaque que te vaudra très certainement l’ingestion de mayonnaise au petit déjeuner », objecta Viviane.

- « Justement. Les omega 3 du thon corrigent les effets secondaires néfastes de la mayonnaise. Et le pain, source de féculents, glucides complexes, comme chacun sait, me donne suffisamment d’énergie pour vous supporter jusqu’au déjeuner », répondit Martin en se dépêchant de finir son sandwich avant l’arrivée de Jack

- « Ca a l’air pire que d’habitude ton truc, Fitzy, interrompit Danny d’un air dégoûté. Bon, je viens de récupérer les derniers relevés téléphoniques du portable de Jimmy et devinez quoi…

- Quoi ? demanda en asseyant Jack que la quatrième tasse de café n’avait toujours pas redynamisé.

- J’ai un appel entrant venant d’une cabine de Central Park, pas loin de l’endroit où l’on a retrouvé le sac du gamin. A tous les coups, Lorenzo a appelé son copain qui en bon ami loyal n’a pas crû bon de nous en informer.

- Très bien, annonça Jack. Viviane et Martin, vous filez au collège Wilson récupérer Jimmy et vous l’amenez ici, le plus vite possible. Sam, vois avec la NYPD s’ils ont des pistes. Ils devaient interroger les foyers de sans abri. Les gamins y sont peut être passés après être partis de Central Park. Danny, tu rentres chez toi, tu dors un peu et tu reviens dans quelques heures.

- Ca va. Je veux aller vérifier le casier de Lorenzo et…

- Non, je ne veux pas savoir, coupa Jack. Martin et Viviane vont sur place et peuvent s’en charger. S’il y a quelque chose de nouveau, je te préviens. Mais là, tu rentres. Je n’ai pas besoin d’un agent épuisé qui commette une bavure. ».

Danny haussa les épaules, saisit sa parka et son sac d’un air maussade et se dirigea vers l’ascenseur.



Bureau du FBI. Unité des personnes disparues. Disparus depuis 31 heures. 10h00





- « Ecoute Jimmy, commença Jack en se penchant vers l’adolescent qui gardait obstinément les yeux rivés sur le sol. Tu dois bien comprendre que Lorenzo et son frère sont en danger, seuls dans New York et qu’on doit les retrouver au plus vite.

- Mmmhh, marmonna Jimmy.

- Tu ne m’as pas bien compris. On sait que Lorenzo t’a téléphoné hier soir. L’appel a duré plus de dix minutes, donc ne me raconte pas qu’il t’a simplement laissé un message et que tu n’as pas consulté ta messagerie. C’est faux. D’où ma question : où sont-ils ?

- Je n’en sais rien. Hier, c’est vrai, Lorenzo m’a appelé. Il était à Central Park avec Tommy et voulait que je lui apporte quelques affaires. De chez lui. Une boîte avec des bijoux dedans. Des gourmettes, des chaînes et des médailles en or et des timbales en argent…vous savez les bijoux qu’on reçoit pour les baptêmes, les communions, les trucs comme ça. Bon, bref, il en avait besoin.

- Et il t’a dit pourquoi ?

- Il m’a dit qu’il devait appliquer le Plan B et qu’il avait besoin de plus d’argent que prévu. Je suppose qu’il voulait les vendre.

- Et tu lui as donné la boîte ?

- Oui.

- Donc tu les as vus, hier.

- …

- Et tu n’as pas songé à nous prévenir ?

-…

Jack leva les yeux au ciel et se redressa sur sa chaise, exaspéré. Il se pencha vers Jimmy qui remuait nerveusement sur son siège.

- « Maintenant, tu vas arrêter de me prendre au mieux pour un ennemi ou pire pour le dernier des imbéciles et tu vas me raconter précisément votre entrevue.

- Je suis arrivé au lieu de rendez-vous et j’ai donné la boîte et de la bouffe que j’ai piquée chez moi à Lorenzo. On est allé dans une petite grotte où l’on va parfois. C’est là que je lui ai raconté que vous le cherchiez…et il a dit que de toute façon, il emmenait Tommy loin d’ici et que c’était pour ça qu’il avait besoin de la boîte…pour vendre les trucs…mais il ne m’a pas dit où il voulait partir, je vous jure, c’est vrai, juré…

- Evite de jurer, d’accord. Tu vas rester encore un peu avec nous », rétorqua Jack en se levant brusquement. Il sortit en secouant la tête et ferma la porte derrière lui. Il observa l’adolescent à travers la porte vitrée et soupira bruyamment avant de s’adresser à l’agent qui surveillait la salle :

- « Gardez un œil sur lui et apportez lui de quoi lire et un chocolat chaud. C’est pas un mauvais gamin. Loyal en amitié. Peut être trop. ».







Bureau du FBI. Unité des personnes disparues. Disparus depuis 32 heures. 11h00





- « Bon, annonça Jack. Lorenzo a certainement cherché à vendre plusieurs objets. Je viens de récupérer par mail la photo de plusieurs d’entre eux. Martin et Viviane, vous allez chez les marchants de prêts sur gage de ce quartier principalement, » indiqua Jack en étalant sur la table de réunion une grande carte de New York et entourant en rouge les quartiers avoisinant Central Park. La NYPD nous prête main forte. Sam, tu viens avec moi, j’ai faxé la photo des gamins à toutes les gares et stations de bus de la ville, mais je préfère qu’on aille sur place dans les plus importantes. ».

Les quatre agents se levèrent et se dirigèrent vers l’ascenseur.





Boutique de prêt sur gage. Quartier de l’Hell’s Kitchen. Disparus depuis 32,5 heures. 11h30.





- « Ouais, j’ai vu le gamin. Et alors ? Je fais mon métier, non mais on rêve, » s’exclama d’un ton peu amène le propriétaire de la boutique de prêt sur gage.

Viviane fronça les sourcils et répondit :

- « Ce garçon a disparu depuis plus de 30 heures. Il a 13 ans et est parti avec son petit frère de 7 ans. Nous les recherchons et leur famille est inquiète pour eux. L’agent Fitzgerald et moi avons besoin de savoir exactement dans quelles conditions vous l’avez vu et surtout à quelle heure.

- C’était ce matin, à l’ouverture. J’ouvre à 7 heures. Le gosse s’est ramené avec une boîte. Il y avait quelques bijoux dedans. Des trucs pas mal et d’autres moins. Enfin, j’ai pris le lot et lui ai fait un prix. 200 dollars. Le gosse a pris son blé et s’est tiré. Et c’est tout. Alors n’allez pas me coller leur disparition sur le dos, hein ?

- 200 dollars pour deux chaînes et deux médailles en or, deux gourmettes, une broche sertie de rubis et deux timbales en argent massif…je crois qu’on va au contraire vous attribuer la médaille de l’altruisme, » rétorqua Martin en secouant la tête d’un air écoeuré.

- « Avez-vous une idée de l’endroit où ils sont allés ensuite ? », demanda Viviane, impassible.

- Loin, je présume. Le grand a dit au petit : « au moins, avec ça, on va pouvoir partir vraiment pour de bon ».

Martin et Viviane échangèrent un regard inquiet et sortirent de la boutique.





Domicile de Danny Taylor. Disparus depuis 33,5 heures. 12h30.





- Vite, entre là-dedans, chuchota Rafi en poussant son frère dans le petit placard de l’escalier. Tu n’en sors sous aucun prétexte. Tu attends que je vienne te chercher. Tu as compris ?, demanda-t-il.

Tétanisé par la peur, Danny hocha la tête et s’agenouilla près des boîtes de conserve entreposées dans le placard. Les hurlements étaient de plus en plus forts. Il plaqua ses mains contre ses oreilles espérant les atténuer, mais il réalisa rapidement que cela ne l’empêchait pas de l’entendre. D’entendre son père se déchaîner contre sa mère.

Un hurlement le fit sursauter. Danny se hissa sur un baril de lessive et tenta d’apercevoir ses parents par le fin interstice de la porte du placard. Il n’entendait plus sa mère et était vraiment inquiet. Juché sur le baril de lessive, il s’appuya doucement sur la porte pour atteindre l’endroit où la porte avait été cassée par son père un soir qu’il rentrait ivre. Il aperçut avec effroi les jambes allongées de sa mère :

- « Maman, murmura-t-il alors que les larmes lui montaient aux yeux. Maman… ».

Ne pas sortir du placard. Rafi lui a bien dit. Rester à l’intérieur jusqu’à ce qu’il vienne le chercher. Maman. Pourquoi ne bouge-t-elle pas ?

Danny se hissa sur la pointe des pieds et colla son nez sur la porte afin de mieux voir sa mère. Les jambes, le ventre, le cou…

BAM !

Danny se retrouva par terre, la respiration coupée, le baril de lessive et les boîtes de conserve éparpillés autour de lui. Il tenta de se relever lorsque son regard croisa celui de son père, écarlate et furieux :

- « Tu joues les espions ? C’est ça ? Tu gâches de la nourriture et tu m’espionnes ? Ca va pas se passer comme ça, tu vas… »

La sonnerie stridente de son téléphone réveilla Danny en sursaut. En sueur et haletant, il tâtonna et récupéra son portable :

- « Taylor ? »

- « Danny…c’est Martin, on a besoin de toi.

- « Ok, je suis là dans moins d’une demi heure, répondit Danny tout en s’efforçant de se calmer en passant nerveusement la main dans ses cheveux ébouriffés.
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Message  Ally le Dim 16 Avr - 0:31

Bureau du FBI. Unité des personnes disparues. Disparus depuis 34 heures. 13h00.





- « Voilà où on en est, explosa Jack. Les deux gamins ont bien pris deux billets de bus pour Richmont, Virginie à la gare routière du Queens, mais l’ont ensuite revendu à un certain Quentin Walsh qui a lui pris le bus pour La Virginie. Enfin, disons qu’il était dedans lorsque nous l’avons interrogé. Il ne sait pas où les gamins sont partis ensuite. Ils ont été aperçus à la gare ferroviaire, mais n’ont acheté aucun billet au guichet.

- Mais ils ont gagné de l’argent en revendant les billets ? demanda Viviane, intriguée.

- Non, rien, nada, répondit Sam. Pas un dollar de bénéfice.

- Ils ont peut être changé d’avis, proposa Martin.

- Je n’en sais rien, répondit Jack. De toute façon, j’ai vérifié, ils ne connaissent personne en Virginie. Ils ne connaissent personne hors de New York de toute façon. Leur famille se résume à leurs parents, un oncle et une tante ainsi que quelques cousins, tous résidents de New York. Ensuite, à part leurs amis de classe et l’équipe de basket de Lorenzo, on n’a rien. Et ils habitent tous New York ! ». Jack secoua la tête, découragé.

La sonnerie de son portable tira Jack de ses réflexions. Il hocha la tête plusieurs fois et annonça à son interlocuteur :

- « Je vous envoie deux agents, merci ».

Se tournant vers Danny et Sam, il annonça :

- « Madame Dominguez, la bibliothécaire s’est rendu compte que l’accès internet de la bibliothèque avait été déverrouillé et permettait à ceux qui entraient les bons codes d’avoir accès à tout internet, chat et forum inclus. Et les derniers codes à avoir été entrés sont ceux de Jimmy, ce matin à 10h00.

- « Sauf qu’il était chez nous à cette heure, pointa Viviane. Ce qui signifie que…

- Lorenzo était sur internet ce matin, acheva Jack. Danny et Sam, allez vite récupérer le disque dur de l’ordinateur, je veux absolument qu’on sache sur quels sites il est allé. »





Bureau du FBI. Unité des personnes disparues. Disparus depuis 34 heures. 13h00.





Danny se mordit la lèvre et finit sa énième tasse de café tout en regardant Mac pianoter sur le clavier de l’ordinateur :

- « Du nouveau ?, répéta Danny.

- « Presque, presque… », répondit Mac en fronçant les sourcils. Il hocha la tête et lança un programme avant de se caler en arrière sur son siège et d’annoncer :

- « Et voilà, les sites que Lorenzo a consulté en dernier sont un forum de défense des droits de l’enfant, le site de l’office du tourisme de Québec et un site de vente aux enchères de billets en ligne avec possibilité de retirer son billet à un guichet automatique et de payer en espèce.

- Quel guichet, quelle gare ? », pressa Danny tout en tentant de hiérarchiser les informations qui venaient de lui être données.

- « QuelleS gareS. Pluriel, mais pas tant que ça », répondit Mac qui imprima une carte de New York et, les yeux rivés sur l’écran, entoura en rouge les cinq gares routières qui acceptaient ce genre de transaction.

Martin se leva, griffonna l’adresse du site de défense des droits de l’enfant et se dirigea à grand pas vers son bureau. Il lança internet et se rendit sur le forum.



Bureau du FBI. Unité des personnes disparues. Disparus depuis 35 heures. 14h00.





- « Jack, on a quelque chose », s’exclama Martin.

Jack se leva et rejoint le cubicle de Martin.

- « Regarde, Lorenzo fréquente ce forum depuis près de six mois. Il a échangé des messages privés avec un certain « KidsSaver ». Mac a réussi à récupérer ceux des deux dernières semaines. Ce type, KidsSaver, c’est lui qui a donné l’idée à Lorenzo d’aller récupérer des billets dans différentes gares puis de les revendre pour brouiller les pistes.

- « Je vais te tirer de là avec ton petit frère, ne t’inquiète pas. Il faut préparer votre départ avec minutie », lut Jack. On a l’adresse IP de ce type ? demanda-t-il.

- Oui, répondit Mac, et elle correspond à un cybercafé, toujours le même, dans l’Hell’s Kitchen, près de l’école des enfants.

Martin et Jack se levèrent d’un bond et se précipitèrent vers l’ascenseur.





Cybercafé CyberKitchen. Disparus depuis 35,5 heures. 14h30.





- « Cette adresse IP correspond à plusieurs machines, c’est un cybercafé en réseau, vous vous en doutiez, non ? », maugréa le gérant du cybercafé, quelque peu agacé d’avoir été dérangé de sa torpeur digestive.

- « Tâchez de vous souvenir, c’est important, insista Jack.

- Bon, le cybercafé est divisé en trois : les ordi reliés uniquement les uns aux autres pour les jeux, les ordi indépendants en bas débit, juste pour le courrier électronique et quatre ordinateurs sont en haut débit réseau. L’adresse IP correspond à un des quatre ordinateurs, répondit le gérant. Montrez moi l’adresse du site, je vais aller jeter un œil pour vérifier l’historique des ordi et les cookies. ».

Après quelques manipulations, le gérant revint, consulta l’ordinateur central et annonça :

- Celui qui s’est connecté sur le site s’est inscrit sous le nom de William McMahon. Maintenant, je ne vous garantis pas que c’est son vrai nom…

Jack remercia le gérant et saisit son portable.



Domicile de William McMahon. Hell’s Kitchen. Disparus depuis 36 heures. 15h00.





- « FBI. Veuillez ouvrir la porte !! », cria Jack tandis que Danny et Sam se positionnaient de part et d’autre de la porte, arme au poing. Les trois agents attendirent un bref instant. Jack se tourna vers Danny et hocha la tête. Ce dernier donna un violent coup de pied contre la porte qui céda aussitôt, laissant les trois agents pénétrer dans l’appartement.

- « Il a filé, constata Sam après que tous trois eurent fini le tour de l’appartement. Danny se mit à inspecter le bureau couvert de papier et annonça à ses collègues :

- « C’est un ancien surveillant pour centres de délinquants pour mineurs. Il est resté en relation avec l’assistance sociale de trois d’entre eux. Il essaie peut être de sauver ces gamins…

- Peut être, rétorqua Jack. Mais sa méthode n’est pas la bonne.

- Jack, ses gamins et leur mère sont régulièrement tabassés par le père alcoolique et violent. Lorenzo trouve un forum où il peut parler sans honte de ses problèmes. Et c’est là qu’intervient MacMahon.

- Danny, ce n’est pas le fond que je réprouve, si cette théorie est exacte. C’est la forme. Un adulte qui incite deux gamins à fuguer, leur explique comment échapper aux services de police…même si c’est pour leur bien, ce n’est pas légal. ».

Danny se mordit les lèvres et ne répondit pas.





Bureau du FBI. Unité des personnes disparues. Disparus depuis 37 heures. 16h00.





- Madame Ashton, vous êtes assistante sociale au centre de redressement des jeunes délinquants de l’état de New York, exposa Viviane.

- C’est exact.

- Nous recherchons un de vos anciens collègues, William McMahon. Nous pensons qu’il veut aider deux enfants, Lorenzo et Tommy Carcaterra. C’est eux. Ils ont disparu depuis plus de 35 heures et nous sommes très inquiets », expliqua Viviane en poussant vers l’assistante sociale les photos des deux garçons. Celle-ci jeta un rapide coup d’œil aux photos et se mordit nerveusement le pouce.

- « Vous savez quelque chose », insista Viviane remarquant son trouble. « C’est très important. Même si Monsieur McMahon essaie de les aider comme nous le pensons, ce n’est pas la bonne méthode, et vous le savez ». Viviane pencha la tête et capta le regard de l’assistance sociale qui prit une large inspiration avant de murmurer :

- « Ces deux enfants sont battus par leur père. William les a emmenés il y a deux semaines au centre. Je les ai examinés. Aucun doute là-dessus. Ils étaient couverts d’ecchymoses. Le grand a des fractures mal consolidées à l’humérus et aux côtés. »

Viviane soupira et répondit :

- « Où sont-ils, madame Ashton ?

- Will les a emmenés dans un centre social. On y cache habituellement les enfants qui ont été témoins de crimes et qui sont placés dans le programme de protection des témoins.

- Le centre Dayton, de Pennsylvanie, demanda Viviane.

- Oui, avoua l’assistante sociale avant de continuer sur un ton plus virulent : vous ne pouvez pas les ramener chez eux, le père va les tuer. C’est un homme extrêmement violent. »



- « Jack, si on les ramène chez eux, le père va recommencer à les frapper ! Tu ne vas pas lui amener deux punching-ball à domicile ! Tu vas pas être complice de la lâcheté d’un mec qui se défoule sur sa femme et ses gosses pour oublier à quel point c’est un minable, » s’exclama Danny dont l’énervement ne cessait de grandir au fur et à mesure que s’accumulait la fatigue et la frustration.

Tout en conduisant, Jack jeta un coup d’œil inquiet à Danny. Il prit une grande inspiration et expliqua calmement :

- « Je ne suis complice de rien. Nous avons le rapport médical de Madama Ashton avec les radios et les photos des enfants, prouvant qu’ils sont effectivement battus. On a les témoignages de voisins, d’amis et de membres de l’école de Lorenzo et de Tommy. Les enfants ne vont pas retourner chez eux.

- Et pour combien de temps ? Un mois, deux mois ? Ensuite, tout va recommencer…

- La question ne se pose de toute façon pas : on ne peut pas laisser un homme inciter deux enfants à fuguer de chez eux et les installer dans un centre de protection de témoins. Ce n’est pas quelque chose de légal !

- Laisser un bourreau tyranniser deux gamins, ça, c’est légal », pesta Danny.

Jack soupira et continue à conduire laissant son jeune collègue s’énerver tout seul.
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Message  Ally le Dim 16 Avr - 0:32

Centre de protection Dayton. Disparus depuis 39 heures. 18h00.





Sans un mot, Danny descendit et claqua la porte de la voiture. Jack ne fit aucune réflexion et tous deux rejoignirent Martin, Viviane et Sam qui les attendaient devant le centre en compagnie de deux voitures de police.

- « William McMahon et les deux enfants sont à l’intérieur, les informa Viviane. Ils ne se doutent pas que nous sommes là. Nous allons les encercler pour être sûrs qu’ils ne passent pas par l’arrière.

- On y va ! », s’exclama Jack.

Les agents s’éparpillèrent autour du bâtiment, accompagnés des agents de police.

Martin et Sam arrivèrent les premiers dans la salle de télévision dans laquelle ils reconnurent Lorenzo et Tommy discuter avec animation avec McMahon. Les deux agents échangèrent un rapide regard : les deux gamins avaient l’air heureux, en sécurité. Ils allaient les arracher à ce havre de paix au nom du droit.

- « FBI, ne bougez pas ! », s’exclama néanmoins Martin. McMahon se figea sur place mais Lorenzo, attrapant son frère par le bras s’enfuit par la fenêtre laissée ouverte.

- « Les gamins sont passés dehors », s’écria Sam dans sa radio avant de s’élancer à leur poursuite.



- « C’est pas vrai, mais où sont passés ces deux gamins ? », pesta Jack. Cela faisait près de vingt minutes qu’ils ratissaient le parc du Domaine. La nuit tombante n’arrangeait pas les recherches et il commençait à perdre patience.

- « Jack, les portes d’accès au Domaine sont bouclées et le grillage infranchissable, les routes sont barrées, les mômes sont dans le Domaine et n’en sortiront pas. On va finir par les trouver, ce n’est qu’une question de temps, donc calme toi », insista Viviane.

- « Les caméras ont repéré deux silhouettes au nord ouest du parc. A dix minutes de marche d’ici. Dans des buissons, mais le plus jeune a des baskets réfléchissantes, bien visibles à la caméra… », informa l’un des policiers.

Danny, Viviane et Jack s’élancèrent en courant dans la direction indiquée.

- « Là », chuchota Viviane en indiquant le buisson où étaient effectivement cachés les deux frères.

- « Lorenzo, je m’appelle Jack, je travaille au service de recherche des personnes disparues du FBI et votre maman nous a contactés. Elle s’inquiète pour vous. Elle veut que vous rentriez à la maison. Nous avons vu Madame Ashton, elle nous a expliqué les examens médicaux qu’elle vous avez fait passé et leurs résultats. Lorenzo, on sait ce qu’il se passe chez vous. C’est fini, ça n’arrivera plus.

- Ouais, ça c’est sûr, ça n’arrivera plus », répondit l’aîné des frères Carcaterra d’une voix étonnamment ferme. Il sortit lentement des buissons, tenant son frère devant lui. Danny sentit soudain l’air lui manquer : l’adolescent tenait pointé sur la tête de son frère un pistolet.

- « Lorenzo, je m’appelle Danny. Je travaille aussi au FBI, commença-t-il à dire d’une voix peu assurée. Nous sommes là pour vous aider. Ne fais pas ça, ça peut s’arranger…

- Non, ça ne s’arrangera pas. Dans quelques mois, tout sera redevenu comme avant aujourd’hui. Il rentrera bourré, nous frappera, nous insultera, nous humiliera. C’est fini. Je ne crois plus dans les adultes.

- Lorenzo, William McMahon vous a aidé, il va encore vous aider. Madame Ashton aussi. Maintenant qu’on sait ce qu’il se passe…

- Maintenant rien du tout, coupa Lorenzo. Voilà ce qu’il va se passer. Tommy et moi, on part dans un monde meilleur, un monde sans souffrance, Tout ça, c’est fini, conclut-il en pointant l’arme sur la tête de son frère qui confiant tenait sa main serrée dans la main vide de son frère.

- Et quoi après, tu le tues puis tu te suicides, demanda Viviane. Voilà ce qu’il va se passer : une fois que tu auras tiré une balle dans la tête de ton frère, tu devrais réarmer ton pistolet. Cela va prendre quelques secondes. Infimes, certes, mais suffisantes pour qu’on t’empêche de mettre fin à tes jours. Ton petit frère sera mort, seul. Elle sentit la détermination de Lorenzo faiblir. Le môme était logique, pensa-t-elle. Il y avait réfléchi. Il y avait moyen de le raisonner. Continuer à le raisonner.

- Ma collègue a raison, reprit Jack. J’ai deux filles, je ne laisserai personne s’en prendre à elle. Tu es très courageux d’avoir emmené ton frère avec toi. Tous tes amis et tes professeurs nous ont dit à quel point tu t’occupais bien de lui. Et un grand frère aussi exceptionnel que toi ne tue pas son petit frère. Ce n’est pas la solution. »

Viviane vit Lorenzo poser un baiser sur la tête de Tommy. Gardant les yeux baisser au sol il laissa tomber son arme et chuchota quelque chose à son frère avant de lâcher :

- « On ne rentre pas chez nous. Faîtes comme vous voulez, mais nous ne rentrerons jamais à la maison. Nous avons une cousine qui habite dans la banlieue de New York. Elle s’appelle Stella. Elle est en deuxième année de droit et vit avec son copain. Will nous a dit qu’il était juridiquement possible d’aller vivre avec eux.

- Votre père a été mis en garde à vue. Votre mère vous attend. Ensuite, madame Ashton va prendre votre dossier en charge. Et comme vous a dit Jack, nous allons suivre votre cas de près. C’est d’accord ? », demanda doucement Viviane.

- D’accord, répondit Lorenzo qui sans lâcher la main de Tommy s’avança vers les trois agents.

Jack entraîna les deux enfants vers les voitures alors que Viviane ramassa l’arme qu’avait lâché Lorenzo et soupira. Elle se tourna vers Danny pour lui faire part de son soulagement lorsqu’elle avisa l’air défait de Danny qui livide semblait ne pas pouvoir reprendre sa respiration :

- « Danny, ça va ?...Danny ?, » insista-t-elle, inquiète. Elle posa sa main sur le bras de Danny et constata qu’il tremblait :

- « Viens, assieds-toi », dit-elle en l’entraînant vers un banc. Elle s’installa à ses côtés tandis que Danny, la tête dans les mains, tentait de se calmer.



(Flashback)



Le vase brisé par terre. Les cris.

- « Ecarte toi, je vais pulvériser ce merdeux. Ecarte toi, viens là, ne m’oblige pas à t’attraper ! »

Rafael qui s’élance entre Danny tétanisé de peur et son père rouge de fureur.

- « Tu dégages !».

Sa mère qui sanglote. Le visage rubicond de son père. Sa main qui s’abat sur lui.

Rafael qui le redresse et lui prend la main. L’entraîne dans leur chambre. S’agenouille et saisit quelque chose sous le lit.

Son père qui entre en hurlant et aperçoit ce que Rafi a récupéré sous le lit : une arme.

- « Tu veux me tuer, c’est ça ? Tu ferais mieux de te tuer directement, toi et ton merdeux de frère. Vous deux. Mets le devant toi quand tu tireras. Une balle pour deux ratés. »





- « Danny, qu’est-ce qui ne va pas ? » insista Viviane en massant le dos courbé de Danny avec sa main. Cela faisait 5 bonnes minutes que Danny n’avait pas bougé et elle commençait à s’inquiéter sérieusement.

Danny se redressa lentement et murmura :

- « Ca va, ça va. ». Il se leva et se dirigea d’un pas mal assuré vers les voitures de police.

Les voyant arriver, Jack laissa Lorenzo et Tommy qui assis à l’arrière d’une voiture de police discutaient avec William McMahon et avec Jenny Ashton et s’avança vers eux. Danny passa à côté de lui sans sembler voir son patron.

- « Qu’est-ce que j’ai loupé ? », demanda Jack à Viviane qui haussa les sourcils en signe d’impuissance et répondit : « probablement la même chose que moi. ».

- « Le cas n’était pas évident et il n’a pas dormi cette nuit, hasarda Jack. Je vais rester avec les enfants mais Sam et Martin rentrent en voiture. Ils vont le raccompagner. Ca va aller. ».





Domicile de Rafaël Alvarez et Sylvia Marquez. 22h00





- Heu, Rafi ?...C’est Danny…je me demandais si éventuellement, je pouvais passer…j’ai trouvé des cartes de base ball et je me disais que peut être elles pourraient intéresser Nicky…enfin, peut être…je ne veux pas vous déranger… »

Rafi fronça les sourcils. Il échangea un regard surpris avec Sylvia qui venait de recoucher leur fille après lui avoir donné son biberon. Cachant le combiné avec sa main, il lui chuchota :

- « C’est Danny… ».

Puis s’adressant au téléphone resté muet, il répondit :

- « Viens, il n’y a pas de problème. Nicky sera ravi de voir les cartes et on pourra prendre un café…

- Merci, à toute à l’heure », répondit Danny, visiblement soulagé.

Rafi raccrocha le téléphone. Il se tourna vers Sylvia et expliqua, manifestement préoccupé :

- « Il avait l’air bizarre… »

Sylvia hocha la tête sans répondre : Danny ne venait jamais de lui-même chez eux. Si l’un ou l’autre avait besoin de lui, Danny arrivait. Il s’acquittait de sa tâche familiale en quelque sorte. Mais passer les voir à l’improviste ne lui ressemblait pas. Voyant l’air inquiet de Rafi, elle se hasarda néanmoins à répondre :

- « Tu sais, il était peut être simplement dans le quartier.

- Peut être, oui », murmura Rafi, sans y croire.





Domicile de Rafaël Alvarez et Sylvia Marquez. 22h30





Il s’efforça de reprendre une respiration normale, s’essuya les joues et resserra sa cravate avant de taper à la porte.

- « Hé Danny !, l’accueillit Rafi. Comment vas-tu ?, demanda-t-il pendant qu’il entraînait son frère sur le canapé. Il redoutait la réponse : il avait rarement vu son frère aussi pâle et décomposé.

- Ca va, mentit Danny en saisissant la tasse de café que Sylvia lui tendait :

- C’est du déca, l’informa-t-elle. Comme il est assez tard.

- Je suis désolé de venir si tard, s’excusa Danny.

- Non, non, ne le sois pas, s’empressa de répondre Sylvia. Cela nous fait plaisir de te voir. Vraiment », insista-t-elle inquiète de voir l’air défait de Danny. Ce dernier hocha la tête sans répondre.

- « Dure journée ?, tenta Rafi.

- Tiens, voilà pour Nicky, dit Danny en sortant de la poche de son manteau un paquet de cartes de base ball. Il but une gorgée de café et sentit la fatigue l’envahir.

- « Papa…, appela Nicky.

- « Ah, s’exclama Rafi. Il lisait au lit lorsque tu as téléphoné. Depuis qu’il sait que tu as des cartes de base ball pour lui, il est surexcité. Viens dire bonsoir, Nicky !, s’écria Rafi. Puisque tu es réveillé !

Nicky déboula dans la salle à manger, salua Danny et commença à regarder les cartes avec un plaisir évident.

- « Elle est super celle-là. Hyper rare ! Mais comment t’as fait pour l’avoir ?! Et celle-là ?!

- Hé, Papito, interrompit Sylvia depuis la salle de bains où elle finissait de laver les affaires du bébé. Demain, tu as école, donc si tu ne veux pas t’endormir sur ton cahier, remercie Oncle Danny et vas te coucher !

- Deux minutes, supplia Nicky en regardant son père.

- Il est tard, ta mère a raison. Viens, s’exclama Rafi qui fit monter son fils sur son dos. Je reviens tout de suite », précisa-t-il à l’attention de Danny.

Regardant son frère et son neveu quitter la pièce, Danny se renfonça dans le canapé, et se frotta les yeux.



- « Ca y est, le monstre est couché !, annonça Rafi. Il est ravi pour les cartes. Tu vas faire de lui la star de l’école demain ! Danny ? ». Rafi s’avança et sourit à la vue de Danny profondément endormi.



(Flashback)



Rafael rentre d’une soirée et se glisse par la fenêtre du salon laissée entrouverte. Il marche sur la pointe des pieds jusqu’à la porte.

- « Rafi… »

Rafael fait volte face et aperçoit son frère de 6 ans les yeux gonflés de sommeil qui se redresse sur le canapé sur lequel il était endormi :

- « Danny, qu’est-ce que tu fais là ? Tu ne dors pas dans ton lit ? »

Danny se frotte les yeux et répond d’une voix ensommeillée :

- « Maman est chez la voisine. Papi n’est pas rentré. Je t’attendais… »

Rafi hoche la tête et regarde son petit frère se recroqueviller sur le canapé et se rendormir. Il va dans la chambre et récupère une couverture. Il revient dans le salon et couvre son frère avec précaution.



Rafael alla chercher une épaisse couverture dans le placard et revînt dans la salle à manger. Il considéra son frère endormi et le recouvrit avec la couverture.
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Message  milaya le Dim 16 Avr - 1:04

Superbe histoire, j'ai adoré et en plus tu écris super bien .Quel talent ! bravobom bravobom
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Message  Chtite Sqwé le Dim 16 Avr - 16:06

je l'avais déjà lu sur l'autre site et j'avais bien aimer Bravo!! bravobom
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Message  Adeline le Dim 16 Avr - 21:20

J'ai bien aimé 2love2

bravobom
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