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A la Maison Blanche (The West Wing)

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A la Maison Blanche (The West Wing) - Page 5 Empty Re: A la Maison Blanche (The West Wing)

Message  Stefka le Lun 1 Jan - 22:30

Je ne sais pas si la question a déjà été posée, mais, je me demandais pourquoi cette série passe aussi tard (vers 1 h du matin je crois)? A-t-elle déjà eu droit à des horaires plus convenables mais n'aurait pas fait assez d'audience? (je demande cela car ma mère aurait aimé regardé car elle aime bien Martin Sheen et les films/séries qui se déroulent à la maison blanche...)
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Message  Heather le Mar 4 Nov - 16:00

Bon, c'est le jour où on peut s'offrir des petits flashbacks et visionner le double épisode sur les élections présidentielles de la saison 7 Mr.Red

A ce sujet, l'anecdote excellente est le côté "visionnaire" de l'élection de Santos. Car, les scénaristes se sont directement inspirés d'un parlementaire prometteur, qui se présentait en 2004 pour devenir sénateur de l'Illinois pour imaginer le personnage de Santos... Un certain Barak Obama.
Et quand on établit le nombre de parallèles entre ce que la fiction avait posé il y a quelques années et la réalité, ça donne à cette saison 7 un côté visionnaire hallucinant.
Obama ressemble étrangement à Santos (même âge, même entrée en politique par la filière sociale, mêmes jeunes enfants, même irrésistible éloquence), et leurs discours se renvoient des échos troublants. Le vrai candidat plagierait-il le faux ?

En février 2008, le Guardian sort un scoop : c'est tout le contraire ! Si Obama semble calquer Santos, c'est parce que le candidat démocrate lui a servi de modèle. Chargé de développer le personnage de Santos, le scénariste-producteur Eli Attie repère dès 2004 un jeune parlementaire pas encore élu au Sénat, mais salué pour son discours lors de la convention démocrate. « C'était déjà une superstar, un homme plein de dynamisme et de charisme, symbole d'un monde à venir où les clivages raciaux et politiques traditionnels n'auraient plus cours. Il était fier de ses origines, mais elles lui appartenaient, elles ne le définissaient pas », explique Eli Attie (1), qui affinera dans cet esprit la personnalité de son candidat fictif. L'intuition d'Attie se fonde sur des bases solides : ancien conseiller de l'administration Clinton, il a rédigé la ­plupart des discours d'Al Gore et connaît bien David Axelrod, le directeur de campagne d'Obama. Mais s'il est prophète, c'est à son insu. Comme l'affirme l'historien Jacques Portes (2), « personne ne pouvait prévoir, en 2004, que Barack Obama se présenterait à l'élection ­présidentielle. La tempête médiatique n'a commencé qu'en 2006, après son élection au Sénat ». Attie a quand même le nez creux sur des points essentiels : Santos bat aux primaires le candidat de l'establish­ment démocrate, promeut l'éducation et la santé dans des meetings enflammés, et charge son vice-président de compenser son manque d'expérience en politique étrangère. les auteurs de la série n'anticipent pas le rôle crucial d'Internet dans la communication d'Obama. Et s'ils donnent pour adversaire à Santos un républicain atypique, ils n'osent pas pousser la licence créative jusqu'à imaginer une Sarah Palin...


Et d'ailleurs Télérama s'est penché sur le sujet en comparant justement fiction et réalité dans un article très intéressant :
Retour pré-électoral sur ce qui relie et sépare ces deux candidats atypiques et charismatiques, l'un fictif, l'autre pas.

Etat civil
Matt Santos. Né en 1961, marié depuis seize ans à Helen Santos, père de deux enfants d'âge scolaire.
Barack Obama. Né en 1961, marié depuis seize ans à Michelle Robinson, père de deux enfants d'âge scolaire.

Carrière politique
Matt Santos. Entré en politique par les affaires sociales et la mairie de Houston (Texas), a fait trois mandats à la Chambre des représentants des Etats-Unis.
Barack Obama. Entré en politique par les affaires sociales et sa fonction de « community organizer » à Chicago (Illinois), a fait trois mandats au Sénat de l'Etat de l'Illinois avant d'être élu au Sénat des Etats-Unis.

Campagne électorale
Matt Santos. A remporté les primaires démocrates contre toute attente, en battant un puissant adversaire soutenu par l'appareil du Parti (le vice-président Robert Russell). Affronte un républicain au profil d'outsider (le sénateur Arnold Vinick), lequel doit se « droitiser » en donnant des gages aux éléments les plus conservateurs de son parti. Bénéficie indirectement d'un accident de centrale nucléaire, dont les retombées politiques lui permettent de creuser l'écart avec le candidat républicain. Choisit un vice-président plus expérimenté, dont le profil doit compenser ses propres lacunes en politique étrangère. Exceptionnellement convoqué à la Maison-Blanche par le président en exercice (Josiah Bartlet), en même temps que son concurrent, pour un sommet historique destiné à résoudre une grave crise internationale (nécessitant l'envoi de troupes américaines au Kazakhstan). D'origine latino, joue la carte post-communautaire (« je ne veux pas être le candidat basané, mais le candidat de l'Amérique toute entière »).
Barack Obama. A remporté les primaires démocrates contre toute attente, en battant un puissant adversaire soutenu par l'appareil du Parti (la sénatrice Hillary Clinton). Affronte un Républicain au profil d'outsider (le sénateur John McCain), lequel doit se « droitiser » en donnant des gages aux éléments les plus conservateurs de son parti. Bénéficie indirectement d'une crise financière, dont les retombées politiques lui permettent de creuser l'écart avec le candidat républicain. Choisit un vice-président plus expérimenté, dont le profil doit compenser ses propres lacunes en politique étrangère. Exceptionnellement convoqué à la Maison Blanche par le président en exercice (George W. Bush), en même temps que son concurrent, pour un sommet historique destiné à résoudre une grave crise internationale (financière et boursière). Né de père kenyan et de mère américaine, joue la carte post-communautaire (« Il n'existe pas une Amérique noire, une Amérique blanche, une Amérique latino ou asiatique, mais les Etats-Unis d'Amérique »).

Positions politiques
Matt Santos. Pour l'intervention de l'Etat dans l'économie, les investissements dans les services publics, l'éducation et la formation, et l'augmentation des impôts des Américains les plus riches. Pour une amélioration du système de santé et une couverture maladie universelle. Veut limiter la dépendance énergétique par rapport au pétrole et développer les énergies renouvelables.
Barack Obama. Pour l'intervention de l'Etat dans l'économie, les investissements dans les services publics, l'éducation et la formation, et l'augmentation des impôts des Américains les plus riches. Pour une amélioration du système de santé et une couverture maladie universelle. Veut limiter la dépendance énergétique par rapport au pétrole et développer les énergies renouvelables.

Slogan
Matt Santos. « Hope is real. »
Barack Obama. « Yes we can. »

En février 2008, l'excellent magazine en ligne Slate a produit une vidéo qui résume parfaitement cet ensemble de ressemblances plus ou moins volontaires, confrontant en images les vrais candidats aux faux. La voici, avec la traduction en français de la première partie : http://link.brightcove.com/services/link/bcpid271557392/bctid1434027921

(traduction de la première partie de cette séquence)
“L'Amérique !
Votez pour celui qui partage vos idéaux !
Vos espoirs, et vos rêves !
Vos espoirs, vos rêves !
(...)
De Seattle à Boston...
De la Floride à l'Oregon... (...) La tête haute, vous direz... "OUI NOUS LE POUVONS ! Merci, Caroline du Sud, je vous aime"

(voix off) - On pourrait parfois penser que Barack Obama a pris modèle sur le candidat à la présidence de la série The West Wing. Mais la vérité se lit dans l'autre sens. Il y a quatre ans, les scénaristes de The West Wing ont imaginé un personnage de candidat idéaliste et séduisant issu, "comme par hasard", d'une minorité ethnique... En fait, ce n'est vraiment pas le fruit du hasard si le candidat Matt Santos, interprété par Jimmy Smits, a tant de points communs avec Barack Obama.

(Santos) - "Je veux vraiment gagner, vous savez. Mais je ne pourrai le faire en étant juste une sorte d'affiche publicitaire en carton, même si vous pensez que c'est une tactique payante."

(voix off) - L'un des scénaristes de The West Wing, Eli Attie, a expliqué avoir eu plusieurs longues conversations, en 2004, avec le conseiller politique David Axelrod. A l'époque, Axelrod travaillait avec Obama alors que celui-ci visait un poste au Sénat.
(Obama) - "Il n'y a pas une Amérique libérale d'un côté et une Amérique conservatrice de l'autre : il y a les Etats-Unis d'Amérique."

(voix off) - D'après Eli Attie, le regard neuf d'Obama a directement inspiré le personnage de Santos. Tout comme Obama, Matt Santos doit se battre pour s'élever au-dessus des classifications raciales habituelles.
(Santos) - "Je ne veux pas être seulement le candidat basané. Je veux être le candidat américain !"

(Obama) - "Depuis le temps que je voyage dans cet Etat, je n'ai pas vu une Caroline du Sud blanche et une Caroline du Sud noire. Je n'ai vu qu'une chose : la Caroline du Sud !"

(...) (Traduction : Emmanuel Tellier)



Impressionnante séquence, non ? Cela dit, pour doués et visionnaires qu'ils soient, les auteurs de The West Wing n'ont pas complètement tout anticipé. Sur plusieurs points, la réalité a dépassé ou contredit la fiction… ce qui est finalement plutôt rassurant. Voici les quatre principales lignes de fracture entre Obama et Santos :

La situation militaire des candidats. Ancien officier et pilote de combat dans les Marines, Matt Santos dispose d'un net avantage sur son rival républicain, qui n'a jamais combattu. Dans la réalité, c'est John McCain le héros de guerre, et Barack Obama le civil militairement inexpérimenté.

Le facteur religieux. Matt Santos et Barack Obama sont tous deux des chrétiens croyants et pratiquants. Mais le catholicisme de Matt Santos n'est jamais critiqué ni remis en doute, tandis que Barack Obama a été mis en difficulté d'une part par les positions extrémistes de son pasteur, Jeremiah Wright, et d'autre part (et encore à ce jour) par les républicains ultras, qui tentent de le faire passer pour musulman en tablant sur l'islamophobie d'une partie des électeurs.

Un candidat noir ou latino, ce n'est pas du tout pareil. Comme l'explique l'universitaire Michel Chancelier, « le président latino est simplement issu d'une minorité, alors que le président noir fait tout de suite référence à l'esclavage, à la guerre de Sécession, au mouvement des droits civiques, à la culpabilité que porte l'Amérique par rapport à tout cela. Obama la libère un peu de cette culpabilité parce qu'il n'est pas un descendant d'esclave, et parce qu'il y a autour de lui l'idée d'une mondialisation symbolique ».

La configuration politique des Etats-Unis. Matt Santos se propose de succéder à Josiah Bartlet, un président démocrate admirable, en cohabitation houleuse avec un Congrès républicain pugnace, dans un pays encore en paix. Barack Obama se propose de succéder à George W. Bush, un président républicain calamiteux, en cohabitation houleuse avec un Congrès démocrate pugnace, dans un pays en guerre depuis le 11 septembre 2001. Matt Santos n'a jamais rencontré « W. », mais semblait néanmoins conscient de la possibilité de son existence : « Je ne ferai jamais la guerre pour le pétrole », affimait-il lors du vrai-faux débat organisé en novembre 2006 par les auteurs de The West Wing, avant de tenter, en vain, d'obtenir la même promesse de la part de son adversaire républicain. Barack Obama, en revanche, a « croisé » Josiah Bartlet. En septembre dernier, Maureen Dowd, éditorialiste au New York Times, et Aaron Sorkin, créateur de The West Wing, se sont amusés à organiser une désopilante rencontre imaginaire entre le faux président et le vrai candidat, le second pressant le premier de questions sur la meilleure façon de gouverner et de faire accepter ses décisions. La réponse de Bartlet a été à la hauteur du personnage : « Je ne vais pas vous mentir, être un personnage fictif représentait un énorme avantage. »


Ce qui est quand même hallucinant c'est que plusieurs années après sa conclusion, TWW continue de m'impressionner. Cool

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Message  showrunner le Mar 11 Nov - 22:05

Merci Heather pour cet article passionnant ! Je ne connais pas bien TWW mais l'acuité politique, sociale, culturelle et historique de la série est proprement fascinante Shocked respect respect Nous pouvons être fiers d'être sériephiles Very Happy
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